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 Journal de bord. Beck Hunter

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Elysabeth Roth
Rakovski
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Date d'inscription : 20/05/2013
Age : 25
Localisation : Dans les bois, à la recherche des traces du monstre.

MessageSujet: Journal de bord. Beck Hunter   Mar 18 Juin - 12:34

Beck Hunter, ce soir là, s'était retirer du campement pour aller dans les bois. La lune l'accompagnait, alors qu'elle trouva une étendue où elle pourrait s'asseoir et être tranquille. C'est une fois seule et confortablement installé, que la Pirate sortit son journal de bord: ce soir elle ne comptait pas écrire, mais plutôt relire ce qu'elle avait déjà écrit...



28 Mai, 
Année 1208


Je suis en mer, sur ce navire marchand, depuis bientôt trois mois. La mer houle doucement et le vent gonfle les voiles, alors que nous sommes en route vers un autre territoire. Mon Capitaine, Juan Lines, est un vieil homme. Ses cheveux grisonnants sont retenus par un fil rouge, la peau de ses bras et de son visage sont brûlés par le sable et l'eau saline, qui démontre son expérience en mer. Ce vieux Loup de Mer racontait parfois ses aventures en mer. Pour un marchand, il avait, étonnamment, vécu de bien cocasses situations.


Lorsqu'il me parlait de voyage et des autres continents, des autres villes et des autres cultures, Capitaine Lines savait que l'envie de voyager et de partir loin, très loin, me prenait. J'étais encore jeune, lorsque l'homme me pris à son bord pour la première fois. Je n'avais que quinze ans, mais j'avais de la force d'esprit comme personne d'autre. J'étais sous sa protection, et je travaillait pour lui, comme vigile.

« Une jeune personne comme toi, Rhebecka, est doté de bons yeux. Ses mers peuvent cacher bien des malheurs, et peut-être même des navires ennemis. Garde l'oeil ouvert, Beck, nous comptons sur toi! »

Il me répétais cela toute les fois où je lui demandais un nouveau poste...




Une nuit, alors que j'étais en haut du grand mât, je vit, au loin, une faible lueur qui, aussi soudainement qu'elle était apparue, disparue. La nuit était noire, le quartier de lune se reflétait dans l'eau, à l'horizon. L'air était chaud, alors que la mer froide. Au dessus de l'étendue aquatique, une brume grisâtre se faisait de plus en plus dense. Armé de ma longue-vue, je scrutai l'horizon, et tentait de revoir, au travers de la brume, cette faible lueur que j'avais apperçu, ou du moins, que j'avais cru apercevoir.


Les évènements qui suivirent la réapparition de la lumière, maintenant rendu à quelques milles seulement... finirent par la perte de plusieurs membres d'équipage. Le navire qui, devant nous dépassaient la taille de notre bateau de plusieurs fois, n'était pas un navire commun. Le bois qui composait la coque était vieux, pourri et, semblait presque translucide. On croirait une illusion, mais l'équipage à bord criait et, les sons nous parvenant, donnaient la cher de poule même au plus courageux d'entre nous. Le géant qui se tenait fièrement devant nous, nous exposait son flanc. Bien sûr, tout navire marchant de notre époque, en temps de guerre, était armé de quelques canons, afin de défendre les cargaisons, mais même armés jusqu'au dents, je ne crois pas que nous aurions pris le dessus sur ce navire qui nous surplombait.


Avec ma longue-vue, je scrutait le navire. Pas une âme qui vive n'était sur le pont, mise à part une. Une seule créature, à la barre, dirigeait le navire, alors que le pont était vide. Lorsque je dis "créature", ce n'est pas une exagération quelconque de mon esprit: il s'agissait d'un Damné. Sa peau blanche, était, à certains endroits, déchirée et pelée, laissant paraître une chair rosâtre dans les endroits sains, noire aux endroits ou les plaies étaient infectées. Les blessures sur le visage et les mains de l'hommes auraient été, pour plusieurs personnes, causé des nausées tant elles étaient purulentes et anormales. Pour nous, marins, le scorbut nous avait vacciné contre de telles réactions face à de telles plaies.


Sans attendre, je pris le sifflet métallique que j'avais au cou et, sans attendre, souffla à trois reprises. L'homme à la barre qui, jusqu'à maintenant, avait le regard fixé droit devant lui, porta ses yeux sur moi. Son regard perçant, malgré qu'il était vide et froid, se posa sur mes yeux qui, lentement s'ecartillèrent. En bas de moi, sur le pont, les hommes affluaient rapidement en criant. Le navire, pourtant si imposant, leur était invisible. Alors que je tentait de décrocher mon regard de celui qui conduisait le navire, je vis, un à un, les marins damnés apparaître sur le pont. Chacun, pire que le précédent, présentaient une peau blanche et meurtrie, des vêtements déchirés et sales, un regard noir, sans émotions. Pour ceux qui, souriant, montraient leur dents, présentait une dentition hors du commun: des dents biens affilées et, pour certains, en très peu nombre. D'autres marins, ceux qui étaient derrière, manquait un membre; un bras ou une jambe. Les odeurs qui se dégageaient du navire se mélangeaient: bois pourrit, nourriture fermentée, peau et corps en décomposition. Malgré l'habitude, cette fois-ci, je ne put retenir un haut le coeur.


Le dernier damné à apparaître sur le navire ennemis était le capitaine. Son tricorne était noir et vert, il portait la marque des armées de Novgorod sur son tabard. Son armure luisait dans le noir, sous les faibles rayons de la lune, sa lame brillait dans son baudrier et ses yeux, les seuls qui semblaient doté d'une vie, laissaient voir du mépris. Derrière lui, un homme maigre et petit était couvert de vert et de noir, de fourrure et de chaînes. Ses lèvres bleues bougeaient à une vitesse incroyable: il s'agissait d'un mage et il récitait des incantations.


Sous mes pieds, les membres de mon équipage me criaient: ils ne voyaient toujours pas le navire devant eux. Le sorcier avait usé de sa magie afin de camoufler leur navire... ou bien pour truquer les yeux de mes comparses. C'est alors que le Rakovski porta son regard sur moi. Je ne put retenir un léger cri, tant son regard perçant m'avait pénétré et refroidit. Je laissait tomber ma longue-vue du même coup qui, à toute vitesse, dégringola jusqu'au pont principal. D'en bas, les cris se faisait de plus en plus forts: on me criait de descendre ou bien on m'insultait.


L'homme au tricorne qui, me regardait toujours droits dans les yeux cria un ordre à ses hommes. Aucun son ne parvenus à mes oreilles: seuls ses lèvres et son rictus haineux qu'il me servit me permit de voir qu'il avait parler. Les hommes à son bord, armés et prêt au combat, crièrent à leurs tours, puis, alors que les sabords s'ouvraient afin de laisser voir la bouche des canons de gros calibres, le bateau qui, jusqu'à maintenant m'avait semblé fantomatique, devint dense et de plus en plus réel, les sons que faisait les pirates me parvinrent enfin. Le mage avait arrêter ses rituels et, mes compagnons purent enfin voir ce que moi je voyait. Aussitôt la confusion et la peur pris les marins qui, courraient à gauche et à droite afin de se munir de quelques armes et armer les canons sur le pont. 


Les canons du navire adverse ne visait, heureusement, pas la coque de notre navire. Ils visaient les mâts. Les premiers coups de canons qui se firent entendre provenait, bien évidemment des leurs. Les boulets, en grand nombres, percutèrent les trois mâts de notre navire marchant du premier coups, alors que les autres déchirèrent les haubans sur leur passages, avant d'aller frapper l'eau avec force. J'eu à peine le temps d'attraper un câble qui pendait, avant que le grand mât ne commence sa chute. 


Alors que les deux autres mâts, celui de misaine et d'artimon tombèrent vers l'arrière, dans l'eau, le grand mât chuta vers le navire ennemi. Je m'accrochait de toute mes forces, alors que je me voyait déjà m'écraser sur le pont remplit de damné. Avant de toucher le sol, le mât arrêta sa chute sèchement. Le choc fut tel, que mes mains lâchèrent le câble sur lequel je croyait me tenir fermement. Je tombait sur les lattes de bois, perdant le souffle sous l'impact. Je roulais au sol sur une courte distance, jusqu'à percuter quelque chose. J'ouvrit les yeux lentement et analysa la situation: je vit le mage, bras tendus, crier des paroles que je ne compris pas et, peu après, le grand mât tomber dans l'eau avec fracas, derrière lui. Il était, sans aucun doute, très puissant. J'entendais les cris et les hurlements des membres de mon équipage alors qu'ils se battaient avec désespoirs, plus loin. Aucun d'entre nous n'était des combattants, en peu de temps, notre capitaine rendit les armes.


Alors que les damnés, que je pouvait voir de l'endroit où je me tenait, allongé au sol, s'apprêtait à achever la vie des misérables devant eux, malgré qu'ils se soient rendu, j'entendis une forte voix autoritaire derrière moi, lancer un ordre en russe aux damnés qui, aussitôt se figèrent. Leurs muscles étaient tendus, ils retenaient leur mouvements, comme si quelqu'un les retenaient contre leur volonté.


Je tournai la tête afin de voir d'ou provenait la voix et, je regrettait dès que mes yeux croisèrent ceux du Rakovski. Je poussait un cri d'horreur: ma roulade avait été stoppé par le pied du capitaine contre mes côtes. Je t'entait alors désespérément de rouler de l'autre côté, afin de me dégager de l'homme qui, afin de m'en empêcher, mis plus de pression avec son pied. La douleur de son poids était intolérable, tant il en mettait, je ne put retenir un gémissement de douleur puis les toussotement m'assaillirent. Je vit les lèvres de l'homme au tricorne se relever, laissant voir des dents blanches et aiguisées, prêtes à mordre la chair. Le rictus haineux du capitaine, me fit frissonner sous son pied qui exerçait toujours une douloureuse pression. Mes yeux emplis de larmes à cause du mal, malgré la peur incomparable que je ressentait, ne décrivaient aucune imploration. Je ne supplierait pas pour ma vie devant un homme si malsain. Mes yeux lancèrent plutôt ce que j'espérait être un air de défi. Je combattait la douleur et la peur, pour ne pas laisser décomposer mon expression de force et d'indifférence... 


Le Rakovski me poussa alors, afin que je roule quelques pas plus loin et il lança quelques mots à son mage en riant qui, à son tour, se mit à rire. J'était recroquevillé, face contre le bois. Je fut pris d'une quinte toux, et, je crachait du sang sur le pont. Le Rakovski m'avait bel et bien cassé des côtes. 


Je tentais de me relever et, au bout de souffrances et de plusieurs pertes d'équilibres, je réussis à me tenir debout, face au Rakosvki. La main gauche sur mon côté droit, afin de tenter de calmer la douleur de mes côtes blessés, je me tenais le plus droit que je le pouvait, afin de faire face au capitaine. Mes yeux croisèrent son regard, et, toujours dans un air de défi, je crachait le sang qui m'emplissait encore la bouche à ses pieds. Je ne vit pas sa main se lever, mais le coup que je reçu au visage fut suffisant pour me refaire tomber par terre. Sans me laisser aller à la douleur, je me relevai en grognant, afin de refaire face à l'homme qui avait perdu son rictus habituel. Il avait été remplacé par des lèvres pincés, tant il contenait sa colère. Ses yeux noirs me fixaient puis, après quelques instants, cria à l'un de ses hommes qui, aussitôt, vint à mes côtés pour me tendre la garde de son arme. Sans même comprendre, ma main droite se levait et pris l'arme, alors que le capitaine sortit lentement son sabre de son baudrier. C'est alors que je compris: je l'avais insulté et je devais maintenant le combattre en duel.


Les damnés autours de nous reculèrent, afin de nous laisser un grand espace de combat. Je vit aussi, les membres de mon équipage détenus, qui regardaient la scène. 


Alors que le Rakovski tournait autour de moi afin de me jauger, il lança son premier coup, de taille, directement dirigé de mon côté non protégé: le gauche. Son coup aurait surement porté si j'aurais réellement été droitière. Alors qu'il chargeait, je pris l'épée dans ma main gauche, sa vraie place et dévia son coup. Les yeux du Damné démontrèrent un étonnement visible, alors que les traits de son visage ne bougèrent pas, figé dans une expression vide.


Il chargea alors de plus belle, donnant coups par dessus coups, que je déviait tous sans même bouger. J'avais longtemps combattus à bord de mon navire pour me préparer aux éventuelles attaques. J'avais un net avantage car, étant gauchère, les coups portés étaient du même bord que celui où je tenais mon arme. De plus, les adversaires droitiers rencontraient rarement des gauchers, et n'étaient pas habitués de parer des coups porté sur leur côté armé.


C'est alors, après avoir dévier quelques autres attaques, que je lançait un sourire à mon adversaire, avant de m'élancer dans ma première attaque. Je visait l'abdomen de mon adversaire car, son armure n'était en fait, composé que d'épaulettes. Ma lame l'aurait certainement transpercé de bord en bord, si cela n'avait pas été de ce damné mage qui, à quelques centimètres de la peau du capitaine, arrêta ma lame nette. Je vit alors le capitaine sourire, alors que la lame de mon arme devenait lentement rouge, jusqu'à luire: dans un cri irréel je lâchait la fusée de l'épée. La douleur que j'avais ressentit était causé par la chaleur de l'arme qui, maintenant, fumait, suspendue dans le vide. Après quelques dramatiques instants, la lame retomba au sol, dans un fracas métallique. Alors que je regardait ma main légèrement brûlée, à genoux au sol, je ne put m'empêcher de penser à la douleur que j'avais ressentit. Elle ne ressemblait en rien à celle d'une brûlure normale: le mal était plus imposant que ça. Il rongeait à même l'âme, en plus de s'attaquer au corps. 


Je relevai alors mon regard vers le Rakovski, qui, d'un air triomphant, leva la pointe de son arme vers ma gorge. Sans broncher, je sentis la fine pointe exercer une pression sur ma peau. Je m'étais résigner à mon sort, malgré le duel non équitable auquel j'avais eu droit. Alors que le damné s'apprêtait à donner le coup final, une voix se fit alors entendre, criant le nom du Rakovski qui, aussitôt, stoppa son mouvement, comme je l'avais déjà vu.

« Nikolas! »

C'était le mage qui avait parler. C'était la première fois que j'entendais sa voix. Il s'approcha alors de son capitaine, et lui parla rapidement, en russe. Je ne comprenais rien, mais à voir l'expression du Rakovski, les informations que lui partageaient le mage ne lui convenait pas. Le capitaine, contre toute attente, rangea alors son sabre dans son baudrier. Il me regarda et, d'un ton neutre malgré les yeux qui brulaient de colère, il parla en franc. Un franc douteux, mais je put tout de même comprendre ce qu'il me disait.

« Andreï avoir touché ton âme. Lui dire que ton sort n'être pas entre mes mains. Lui dire que quelque chose de pire t'être réservé par la Grande Mère... »

Ses lèvres se déchirèrent alors dans un rictus malsain, et il ria malicieusement. 


Je me réveillait sur le pont de notre navire, entourés par plusieurs membres de l'équipage. Je ne me souvenais pas de m'être évanouis, mais les évènements passés et le rire du Rakosvski m'était encore empreint dans la tête. Je me relevai doucement, et regarda autour de moi. Il faisait toujours nuit noire et, à mon grand étonnement, je remarquait les mâts, toujours en place.


Le capitaine Lines m'expliqua alors que j'avais tombé de la hune. Il était impossible que j'ai survécu, j'eu peine à croire cette histoire. C'est alors que je compris: le mage avait effacer la mémoire des membres de l'équipage et réparer le navire, avant de nous libérer. 


Je savais que ce qui m'étais arriver cette nuit-là était réellement arrivé, car le soir, au moment où j'allai m'endormir, le rire sadique du Rakovski m'emplit la tête, et j'entendit sa voix répeter: 

«Quelque chose de pire t'être réservé par la Grande Mère...»

À partir de ce moment, mon sommeil était troublé chaque nuit, m'empêchant de me reposer. Je me réveillait souvent en sursaut, parfois même en hurlant, puis, j'étais imcapable de me rendormir... 


Je voyais, dans un nuage de brume, des ombres se succéder encore et encore, plus imposante les unes que les autres, alors qu'un rire faisait écho dans les murs de mon sommeil. 


Dernière édition par Hitri Sobaki le Mer 6 Nov - 14:19, édité 3 fois
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Alexandre
Le Tyran


Messages : 3860
Date d'inscription : 03/08/2010

MessageSujet: Re: Journal de bord. Beck Hunter   Mar 18 Juin - 22:15

Intéressante histoire, c'est cool d'avoir des informations sur le passé de ton bonhomme; beau style d'écriture au passage et bravo pour le vocabulaire marin.

_________________
"L'être humain est un dieu car il peut construire et détruire tout comme il peut donner la vie et l'enlever"

-Alexel Septimus
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